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L'implantation de la gratuité à l’université favoriserait-elle les plus aisés ? Analyse à partir des données de l’Enquête sur les jeunes en transition

TitleL'implantation de la gratuité à l’université favoriserait-elle les plus aisés ? Analyse à partir des données de l’Enquête sur les jeunes en transition
Year of Publication2019
AuthorsMorrier, J., and Tardif-Samson A.
JournalSelf-published
Keywordscanada, effets redistributifs, frais de scolarité, gratuité scolaire, université
Abstract

L’objet de cet article est d’éclairer le poids qu’exercent les contraintes d’ordre pécuniaire sur la fréquentation universitaire des jeunes au Canada et d’estimer les effets plausibles de l’implantation de la gratuité a l’université sur la distribution de la fréquentation universitaire entre les quartiles de revenu. Notre analyse repose notamment sur le calcul de statistiques descriptives et sur l’estimation de modéles linéaires en probabilité, de modéles probit et de modéles logit. Dans un premier temps, nous constatons qu’il y a un lien étroit, d’une part, entre la fréquentation universitaire des parents et celle des enfants et, d’autre part, entre le revenu du ménage et la fréquentation universitaire. Ainsi, les en- fants de parents ayant fréquenté l’université représentent 52,75% de ceux qui ont fréquenté l’université a l’age de 25 ans. Par ailleurs, un enfant provenant du quatriéme quartile de revenu a une probabilité 1,81 fois plus élevée d’avoir fréquenté l’université a l’Age de 25 ans qu’un enfant provenant du premier quartile. Le revenu est systématiquement associé a d’autres caractéristiques qui favorisent la fréquen- tation universitaire, de sorte que l’effet causal du revenu est sans doute plus faible qu’il n’y parait a premiére vue. C’est ce qui ressort, dans un deuxiéme temps, de nos estimations : l’effet marginal moyen du revenu, bien que significatif au point de vue statistique, est modeste, voire négligeable, en regard du contexte. En ce qui a trait aux frais de scolarité, nous concluons que, toutes choses étant égales par ailleurs, une hausse des frais de scolarité de 1 000$ entraine, en moyenne, une baisse de la fréquentation universitaire de 0,9 à 1,0 points de pourcentage. Toutefois, cet effet n’est pas significatif au seuil de signification de 5%. Si les frais de scolarité venaient & étre abolis au Canada, la fréquentation universitaire augmenterait de 4,0 à 4,7 points de pourcentage, selon le quartile de revenu. Cela permettrait de combler légérement |’écart relatif de fréquentation entre le premier quartile et le quatriéme quartile de revenu, qui passerait de 1,81 à 1,70. En fin de compte, l’implantation de la gratuité a l’université aurait des effets anti-redistributifs, étant donné que la moitié des ménages la plus aisée récolterait 59,9% des ressources dédiées & la mise en oeuvre de cette mesure. /// Translation by Google: The purpose of this article is to shed light on the weight exerted by pecuniary constraints on university attendance by young people in Canada and to estimate the plausible effects of the introduction of free university fees on distribution. university attendance between income quartiles. Our analysis is based in particular on the calculation of descriptive statistics and on the estimation of linear probability models, probit models and logit models. First, we note that there is a close link, on the one hand, between the university attendance of parents and that of the children and, on the other hand, between household income and university attendance. Thus, the children of parents who attended university represent 52.75% of those who attended university at the age of 25. On the other hand, a child from the fourth income quartile is 1.81 times more likely to have attended university at the age of 25 than a child from the first quartile. Income is systematically associated with other characteristics which favor university attendance, so that the causal effect of income is undoubtedly weaker than it seems at first glance. This is what emerges, in a second step, from our estimates: the average marginal effect of income, although statistically significant, is modest, even negligible, given the context. With regard to tuition fees, we conclude that, all other things being equal, an increase in tuition fees of $1,000 leads, on average, to a decrease in university attendance from 0.9 to 1.0 percentage points. However, this effect is not significant at the 5% significance level. If tuition fees were to be abolished in Canada, university attendance would increase from 4.0 to 4.7 percentage points, depending on the income quartile. This would slightly close the relative gap in attendance between the first quartile and the fourth quartile of income, which would drop from 1.81 to 1.70. Ultimately, the introduction of free university fees would have anti-redistributive effects, given that the wealthiest half of the households would collect 59.9% of the resources dedicated to the implementation of this measure.

Document URLhttps://crdcn.org/sites/default/files/article_vfinalestatcan_jacob_morrier_annabelle_tardif.pdf