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La fécondité au Canada durant le baby-boom. Divergence et convergence des comportements

TitleLa fécondité au Canada durant le baby-boom. Divergence et convergence des comportements
Year of Publication2016
AuthorsGauvreau, D., and Laplante B.
JournalAnnales de démographie historique
Volume132
Pages65 - 110
Abstract

Au Canada, le baby-boom ne s'est pas déroulé de la même manière dans toutes les provinces. En particulier, l'Ontario et le Québec, les deux provinces les plus peuplées, ont connu des baby-booms très différents. En Ontario, le baby-boom s'est déroulé de manière conventionnelle : l'augmentation de la nuptialité et celle de la fécondité des femmes mariées ont contribué toutes deux à l'augmentation des indicateurs de fécondité. Au Québec, le baby-boom a eu lieu alors que la fécondité des femmes mariées diminuait encore, la nuptialité étant le plus important facteur de l'accroissement du nombre des naissances. Nous utilisons deux informations rétrospectives recueillies au recensement de 1981, l'âge au premier mariage et le nombre des enfants mis au monde, pour étudier la descendance finale et estimer les probabilités d'agrandissement de la famille des femmes nées entre 1900 et 1940. Nous utilisons la régression logistique multinomiale pour estimer l'effet de la religion, de l'origine ethnique, de l'éducation et de la province de résidence sur la descendance finale de ces femmes, en tenant compte de l'âge au mariage et de sa durée. Les résultats montrent que 1) la fécondité des catholiques et des protestantes, très éloignées au début du baby-boom, sont très semblables à la fin ; 2) l'avancement de l'âge au mariage et l'allongement de la durée du mariage augmentent la fécondité, mais cet effet de la nuptialité ne suffit pas à expliquer l'accroissement de la fécondité des protestantes ; 3) l'écart entre les niveaux d'éducation se rétrécit du début à la fin du baby-boom, mais ne disparaît pas entièrement. Ces résultats sont dans l'ensemble proches de ceux que des analyses plus fines ont récemment mis au jour dans des pays européens. /// In Canada, the baby boom unfolded differently in the various provinces, particularly in the two most populous provinces of Quebec and Ontario. In the latter, the picture is the usual one, with an increase in both fertility and nuptiality which, together, are responsible for a significant increase in total fertility rates. In Quebec, where the first demographic transition was not yet complete at the onset of the baby boom, the nuptiality increase was also very strong, but married women actually gave birth to fewer children, not more, during the baby boom. In this paper, we use two pieces of retrospective information from the 1981 census-the age of women when they were first married and the number of children born to them-to investigate the differences in cohort fertility rates for married women born between 1900 and 1940, and the corresponding parity ratios. We also use multinomial logistic regression models to assess the impact of religion, ethnic origin, education, and province of residence on the fertility outcomes of these women, while taking into account their age at marriage and the duration of the marriage. Results show 1) diverging patterns for Catholic and Protestant women, yet the fertility levels in these two groups were remarkably similar for the last cohorts of women; 2) the positive impact that marrying at a younger age and having a longer marriage had on fertility, although this was not sufficient to account for the rise in Protestant fertility; and 3) the persistence of an educational gradient in fertility outcomes, even though the gap narrowed between categories. These results are generally in line with what more fine-grained analyses of the baby boom in some European countries have shown recently.

URLhttps://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=ADH_132_0065
DOI10.3917/adh.132.0065