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Récipiendaires de la Bourse du RCCDR pour la relève

Rafael Silva Ramirez

Affiliation universitaire: Université de Montréal

Titre du projet: Statut migratoire, sexe et retraite : Étude de la retraite au Canada

Résumé du projet: Le présent projet s’intéresse à l’analyse de la retraite dans un scénario d’augmentation du poids des immigrants parmi la main-d’œuvre canadienne. Plus précisément, il vise à contribuer à élargir les connaissances sur l’évolution du concept de retraite au Canada et sur les différences dans le processus de prise de retraite entre les travailleurs natifs et les travailleurs immigrants.
Pour ce faire, cette recherche propose une stratégie fondée sur trois articles. Le premier d’entre eux étudiera l’impact des différentes définitions de retraite sur la catégorisation des individus, ainsi que sur les conclusions que l’on pourrait tirer des résultats obtenus par le biais des différents concepts. Le deuxième explorera les différences entre les travailleurs natifs et les travailleurs immigrants en ce qui concerne leur prise de retraite et leur retour au marché du travail. Le troisième s’intéressera à l’étude du niveau d’adaptation du système de revenu de retraite canadien aux nouvelles caractéristiques des retraités, en particulier des immigrants.

 

 Marie Mélanie Fontaine

 Affiliation universitaire: Université du Québec à Montréal

 Titre du projet: Essais empiriques sur le bien-être et le travail des femmes au Canada

 Résumé du projet: Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes sont encore importantes à travers le monde, telles sont les conclusions du rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT, 2015). Moins bien connues sont les inégalités salariales entre parents et non-parents. Les deux premiers chapitres de cette thèse s’intéressent aux différences de revenus d’emploi qui affectent les mères et les femmes sans enfant au Canada. Basée sur l’Étude Longitudinale et Internationale des Adultes (ELIA) de Statistique Canada, une analyse par modèle à effets fixes nous conduit à une estimation de ces pénalités de l’ordre de 40 % l’année de la première naissance. Toutefois, ces écarts de salaires tendent à diminuer au fil des ans et sont complètement résorbés après 10 ans. On constate également de l’hétérogénéité dans ces pénalités, c’est-à-dire que certains groupes de femmes subissent des pertes salariales plus prononcées suite à leur maternité. D’autre part, une analyse à l’échelle provinciale nous a permis de constater qu’au Québec, les écarts de salaire entre les femmes avec et sans enfant sont moins marqués que dans le reste du Canada. Ces différences entre les deux régions géographiques peuvent être expliquées par le fait que le Québec dispose de politiques familiales plus avantageuses telles que les congés parentaux bonifiés et les services de garde subventionnés.
Les conséquences économiques rencontrées par les ex-partenaires à la suite d’une séparation sont divergentes. De nombreuses études ont montré que les femmes subissaient des pertes de revenus importantes tandis que ces pertes étaient moins élevées pour les hommes voire que ceux-ci bénéficiaient d’un avantage salarial suite à une séparation. Le troisième chapitre est aussi basé sur l’étude longitudinale et internationale des adultes de Statistique Canada, et dresse dans un premier temps un portrait descriptif des femmes plus susceptibles de faire face à une séparation. Nous avons trouvé que le taux de séparation était plus élevé parmi les femmes avec un faible niveau d’éducation.
Dans un deuxième temps, nous avons étudié l’impact d’une séparation sur les trajectoires de revenus. À l’aide de modèles à effets fixes, nous avons trouvé que durant l’année de la séparation, les revenus individuels totaux (avec transferts) des femmes augmentent de 15 pour cent alors que les revenus du ménage diminuent de 60 pour cent (30 pour cent pour les hommes), par rapport à l’année précédant la séparation. En revanche, aucune variation dans les revenus d’emploi n’était observée. Ce dernier résultat met en évidence que les séparations n’ont pas de répercussion sur le marché du travail. Par ailleurs, l’année de la séparation, le taux de faible revenu avant impôt (égal à 50 pour cent du revenu familial médian) des femmes augmente de 20 pour cent par rapport à l’année précédant la séparation (pas de changement significatif pour les hommes). Les femmes exposées à une séparation sont donc plus à risque de connaitre la pauvreté.

Christiane Kammogne

Affiliation universitaire: Université de Montréal

Titre du projet: Traits d’identité culturelle, travail et santé mentale: une étude dans la main-d’œuvre canadienne

Résumé du projet: Problématique: les conditions de l’organisation du travail ont été largement documentées comme des facteurs pouvant favoriser le stress et s’associer au développement de problèmes de santé mentale. Or les personnes dotées de traits d'identité culturelle permettant de les catégoriser comme migrantes ou membre des minorités visibles semblent plus à risques de se retrouver dans des conditions de travail difficiles. D’où la question de savoir si l’identité culturelle changerait la manière dont les conditions de l’organisation du travail s’associent à l’expérience des problèmes de santé mentale?

Cadre conceptuel: S’appuyant sur les approches théoriques sociologiques micro-macro et agent-structures; ainsi que sur les postulats de la théorie du stress social, cette thèse cherche à comprendre dans quelles mesures les traits d’identité culturelle tels l’ethnicité et le statut d’immigrant changent la manière dont le travail s’associe à l’expérience des symptômes de détresse psychologique et de dépression ?

Méthodologie : Ce projet s’appuie sur des données longitudinales de l’Enquête nationale sur la santé de la population de Statistique Canada. Des modèles de régressions multiples multiniveaux seront estimés.

Retombées potentielles: Cette recherche permettra de savoir si les stresseurs ont les mêmes effets sur les individus, quel que soit leur trait d’identité culturelle. Ainsi, il pourrait être possible à terme d’optimiser les efforts de prévention des problèmes de santé mentale afin de mieux cibler et définir des interventions répondant à des situations spécifiques en milieu de travail dans lesquelles les traits d’identité culturelle pourraient agir comme un facteur important.